Résumé de la conférence du 16 novembre 2026
« Le Dr Joseph Weill a eu très tôt l’intuition des menaces d’Hitler sur le peuple juif. Il prend très au sérieux Mein Kampf. La famille de sa femme fuit Rust en 1933 pour se réfugier dans les jardins de la France.
Dès 1930, le Dr Joseph Weill entre en combat contre les autonomistes alsaciens pro-nazis, alerte sa communauté des dangers de la montée du nazisme et, quand la guerre éclate, il sait que ce sera une guerre contre tous les Juifs (Juifs étrangers et français). Réfugié à Terrasson dès octobre 1939, il se met au service des réfugiés alsaciens dans la région.
Au service de l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), dès l’automne 1940, il découvre avec effroi l’arrivée des Juifs allemands au camp de Gurs en octobre 1940. Les œuvres de secours nationales, internationales, laïques et religieuses doivent se regrouper pour agir efficacement au sein des camps d’internement du Sud de la France. C’est la création du Comité de Nîmes. »
1942, Maison des enfants, créée par la CIMADE
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« La priorité est de sortir les enfants de ces camps d’internement indignes, de Gurs et de Rivesaltes. Cette action est d’abord légale puis clandestine, à partir d’août 1942. Joseph Weill est à l’initiative de la création du réseau Garel, après la commission de criblage de Vénissieux fin août 1942 qui, grâce aux œuvres de secours, a permis le sauvetage de 108 enfants (89 légalement).
Le réseau Garel se met progressivement en place. Il s’agit de sortir les enfants des Homes d’enfants connus des autorités de Vichy et allemandes, et de les répartir dans des milieux non-juifs, et, à la marge, de les faire passer en Suisse.
Recherché par la Gestapo en mars 1943, Joseph et toute sa famille fuient à Genève, en Suisse. De Genève, toujours au sein de l’OSE, il va contribuer à financer la cache des enfants dans des milieux non-juifs en France et à organiser les passages en Suisse. Il va également travailler à préparer l’après-guerre, notamment l’accueil des "personnes déplacées", c’est-à-dire le retour des déportés.
Cette action de sauvetage des enfants aura permis de sauver environ 5 000 enfants de la déportation et d’une mort certaine. Ce travail d’équipe, composé d’un noyau alsacien, a été remarquable. Comme disait ma grand-tante Fanny Schwab, sœur de ma grand-mère paternelle, qui a travaillé à Périgueux au service de l’ Œuvre d’Assistance et de Secours Israélite de 1939 à 1944, ils « s’inquiétaient de n’avoir pas assez fait ». »
Fanny Schwab
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« Je m'appelle Aude Grégoire, je suis l'une des petites-filles du Dr Jospeh Weill, et j'ai été bouleversée par la visite, en novembre 2009, du camp de Rivesaltes. Je veux aujourd'hui transmettre la mémoire de cet homme remarquable. Cette visite a été le déclencheur à remonter le temps, à travers les archives, la rencontre d’enfants sauvés et d’historiens. Une enquête qui a duré près de 16 ans pour retracer le parcours de mon grand-père. Face à toutes les pages du récit de la vie de mon grand-père, je veux partager les épisodes incroyables de sa vie, les rencontres avec les enfants sauvés et les découvertes pleines de surprise faites lors de mes recherches. »
Camp de Rivesaltes
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Sources et références
« Contribution à l’histoire des camps d'internement dans l’Anti-France », CDJC, éditions du Centre, Paris, 1946
« En lisant le Livre… », Librairie de la Mésange, 1947
« Un quêteur d’absolu : Ernest Weill (1865-1947), Grand Rabbin de Colmar et du Haut-Rhin », éditions la Pensée Universelle, 1975
« Le combat d’un Juste ! » éditions Cheminement, réédition 2002